Little Gamers Part VI

Little Gamers a six ans. Ce blog a été le témoin de mes (més)aventures vidéoludiques, mais aussi et surtout de ma complicité voire de mon amitié avec plusieurs d’entre vous. Pour ces deux raisons, je ne peux que lui en être reconnaissante. Cela fait six ans que Mystic Falco répond à l’appel pour concevoir les miniatures des articles. Une fois n’est pas coutume, je le remercie pour cela.

J’ai été assez peu présente sur les sites, blogs et réseaux sociaux, cette année ; mais ce fut pour de bonnes raisons. Je me suis épanouie sur le plan professionnel et je me suis découvert une passion pour les jeux de gestion, ce qui limitait le nombre de tests présentables, sur le blog. J’ai aussi et surtout pris beaucoup de recul face à la pression des dates de publication, ou même des stats. Peut-être un peu trop car je ne m’en suis pas du tout préoccupée ! Alors que je voulais publier un article par mois, sur Little Gamers, j’ai finalement fait encore moins que cela. Je n’ai pas été régulière et je m’en excuse. Néanmoins, les faits sont là : même si je n’ai pas envie de fermer le blog, j’ignore si je pourrai redevenir régulière un jour. On vieillit, on a des préoccupations diverses et variées, et on ne voit plus le temps passer. Après presque dix ans de déménagements dans divers Départements de France, j’ai enfin obtenu ma mutation dans le Sud, où j’ai d’ailleurs trouvé une belle maison. Cette maison me demandera du temps. Le fait de me rapprocher enfin de vieux amis ou d’une partie de ma famille en demandera aussi. La famille, parlons-on, puisque je suis depuis peu – et pour la première fois – (hakuna ma) tata. Et oui, ça va en faire des priorités. Le prologue habituel étant terminé, il est temps de nous pencher sur les chiffres.

Oui, le chiffre n’a jamais été aussi désastreux. On peut se consoler en se rappelant que j’ai participé à quelques streams, et qu’il faut toujours préférer la qualité à la quantité. Ainsi, si vous les avez manqués, vous pouvez retrouver mon test du Remaster d’Until Dawn, ma réflexion sur Lake et Road 96, ainsi que ma critique sur la série danoise Families like Ours. Je ne compte plus me mettre la pression pour le site, même si je n’ai aucune intention de le quitter pour l’instant. J’attends de voir quel rythme je prendrai lorsque je serai bien installée dans ma nouvelle vie.

J’avais publié 18 articles l’année dernière. C’est dire combien ce score est minable ! J’aimerais réussir à proposer au moins un article par mois, l’an prochain, mais je ne peux rien promettre ; car je préfère de loin ne plus me mettre de pression inutile, et continuer à profiter de mes sessions gaming. Compte tenu des circonstances, je ne pense pas qu’il soit utile de faire un TOP ; aussi me contenterai-je de dire que l’article ayant le mieux fonctionné fut l’analyse de Silent Hill 2. Ce n’est pas très surprenant, dans la mesure où il s’agit d’un dossier. (Avec si peu d’articles, je n’ai pas eu l’occasion de parler de cinéma, en revanche.) Le Top du blog, depuis sa création ne change pas beaucoup. Mais je suis contente de voir que mes articles continuent à être lus, bien après leur publication. Contrairement aux publications sur les réseaux sociaux, les articles de blogs subsistent et ont parfois une seconde vie. Trois de mes articles ont dépassé les 1000 vues, il s’agit du Dossier sur La Casa de Papel, de l’analyse de Death Stranding et du dossier sur Little Nightmares.

Waouh ! Je n’ai pas chômé, car j’ai fait un peu mieux que l’an passé. J’ai donc obtenu un total de 127 Trophées Platines à ce jour. Par-dessus tout, j’ai repris beaucoup de plaisir à refaire de longues sessions sur la PS5, cette année, et j’espère que cette motivation saura durer. J’ai ouvert le bal avec le Platine de Cyberpunk 2077, qui m’a tout de même occupée pendant 90h. J’ai découvert ce titre bien longtemps après sa sortie, mais ce fut au moins dans de bonnes conditions. J’ai ensuite complété Until Dawn, qui demande toute une stratégie pour tuer ou garder en vie certains personnages. Je n’avais pas eu le Platine sur le jeu original, mais j’ai ainsi eu ma revanche. On continue avec Alan Wake 2, qui, en dehors de quelques défauts, m’a laissé un très bon souvenir. Le Platine de Dragon Ball : Sparking Zero est accessible, si l’on omet quelques combats un peu ambitieux, dans le mode histoire. On continue avec Doki Doki Literature Club, qui a pris un malin plaisir à me troller. Mais aussi avec Astro Bot, en compagnie duquel j’ai clôturé l’année 2024. Le jeu était simplement extraordinaire et je me souviendrai longtemps du sauvetage du Maître Bot spécial, au sommet de la Statue dorée. Ce fut une excellente année car j’ai enchaîné avec la découverte de Silent Hill 2, sur PS5. Le jeu est fabuleux, mais le platine n’est pas en reste, au vu de la manière dont on obtient certaines fins. J’ai ensuite platiné Lake et Road 96. Ce dernier m’a tellement plu qu’il n’est pas exclu que je refasse des runs, à l’avenir, sans trophée à la clé. As Dusk Falls fut une bonne surprise, contrairement au décevant Life is Strange : Double Exposure. J’ai également platiné Celeste, mais je n’ai pas de mérite, dans la mesure où j’ai triché autant que j’ai pu. C’est juste après, au mois de février, que j’ai basculé dans l’univers des jeux de gestion. Les Platines de Two Point Campus et Museum furent chronophages, mais je ne regrette absolument rien ! Quant à Planet Zoo, disons qu’il m’a permis de passer au niveau du dessus, en terme de difficulté ! J’ai ensuite platiné Split Fiction, en compagnie de Mystic Falco. Mine de rien, un certain mini-jeu nous a fait suer. Et j’ai terminé l’année scolaire en beauté, en platinant de nouveau, sur PS5, le magistral The Last of Us Part II.

Mon nombre d’abonnés sur Twitter n’évolue plus. Il faut dire que je n’y suis pas particulièrement active. Par-dessus tout, le X de Elon Musk a fait beaucoup de mal, à commencer par le départ de nombreuses personnes que je suivais. Il y a 63 abonnés sur le blog, ce qui… n’évolue pas non plus. Il faut croire que je ne suis pas un Pokémon.

Nous avons fini l’année précédente avec 20 457 visites. Il y donc eu plus de 4100 visites sur le blog, en 2024-2025. C’est à peine moins que la saison d’avant, alors que j’ai été nettement moins productive. Comme je vous le disais, cela est le signe que les articles subsistent et continuent à vivre. Je me demandais s’il était nécessaire de dresser un bilan après une année aussi peu active. Mais je ne voulais pas me dérober à la tradition, d’autant plus que je trouve cet exercice très enrichissant. J’ai pu constater combien mon état d’esprit a évolué, mais aussi qu’il n’est pas dramatique d’appuyer sur le frein, ou de faire une pause. Au contraire. Une fois n’est pas coutume, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un très bel été, et… à bientôt !

Dossier #3 : Little Nightmares | L’analyse d’une saga cryptique

Je suis entrée pour la première fois dans l’Antre, en juin 2019. Depuis, Little Nightmares est l’un de mes jeux vidéo favoris. Les plus observateurs d’entre vous auront compris que le nom et le logo du blog (créé par Mystic Falco) y font référence. Little Nightmares est un jeu de plates-formes et de réflexion développé par Tarsier Studios et distribué par Bandai Namco. Le premier épisode est sorti en 2017. Réputé pour ses personnages taciturnes et horrifiques, le jeu fait avant tout sensation pour son lore aussi fascinant que cryptique. Nombreux sont les joueurs à être sortis de l’Antre, avec plus de questions que de réponses. C’est pourquoi j’ai envie de proposer un récapitulatif et une analyse de l’univers de Little Nightmares. Il est entendu qu’il s’agit de mon interprétation personnelle, (enrichie par des informations glanées sur divers blogs, sites et vidéos, dont vous trouverez les références ci-dessous). Je n’ai ni la prétention, ni même l’ambition de proposer des réponses définitives aux interrogations posées par le lore du jeu. Il n’y a aucun intérêt à rendre cet univers moins cryptique ou à vous priver de vos propres interprétations. Cela va sans dire, il est chaudement recommandé d’avoir terminé Little Nightmares et ses extensions, ainsi que Little Nightmares II, avant de lire cet article. Il y a aussi des spoilers sur le jeu mobile Very Little Nightmares, et les comics. Nous allons justement faire le point sur l’univers cross-media de la saga, en tâchant de dégager la chronologie des événements de ce conte horrifique. Nous aborderons les lieux les plus importants avant d’aborder les différentes références identifiables dans les jeux. Pour finir, nous dresserons le portrait des personnages. Or, la nuance est parfois fragile entre protagonistes et antagonistes.

Soyez les bienvenus dans l’Antre.

I. Un conte horrifique

La saga Little Nightmares peut être considérée comme un conte, ce qui a un impact tant sur la narration, le gameplay, que sur la direction artistique du jeu. Le conte est par définition un récit bref, faisant intervenir des éléments fantastiques. Le protagoniste, souvent jeune, est soumis à une série d’épreuves dans des lieux imaginaires. Les autres personnages, nombreux, sont réduits à leur fonction. Les contes sont supposés instruire une morale aux enfants. Il y a toutefois deux points où Little Nightmares s’écarte drastiquement du genre dont il s’inspire. D’une part, le dénouement n’est pas forcément heureux. De l’autre, l’histoire n’est pas aussi manichéenne qu’on ne pourrait le penser.

Concernant le gameplay, le joueur est tout d’abord plongé dans la peau de Six, une fillette de 9 ans portant un ciré jaune et ne semblant mesurer que quelques centimètres. L’enfant perdue ne va pas directement affronter les ogres et autres titans ayant trouvé refuge dans l’Antre ; le gameplay pourrait être comparé à une partie de cache-cache. La direction artistique, quant à elle, insuffle l’impression de jouer dans une maison de poupées, comme cela est mentionné dans le site officiel du jeu. Les paysages sont en 2.5D et démesurément grands, par rapport à Six. Une maison de poupées est l’endroit adapté pour recenser l’ensemble des nos pires craintes d’enfance.

II. La chronologie de la saga

Sans surprise, il n’est pas évident de dresser la chronologie de Little Nightmares. Je pourrais positionner, en première place, le jeu mobile Very Little Nightmares (2019). Il permet d’incarner une fillette portant un ciré jaune, qui essaie de s’évader d’un manoir, appelé La Tanière. Ce n’est qu’à la fin du jeu que le joueur réalise qu’il n’incarnait pas Six. En effet, la fillette tombe d’une falaise et meurt, tandis que le ciré jaune échoue dans l’eau. Une seconde fillette, croisée à plusieurs reprises durant le jeu, descend de la falaise. On peut supposer qu’elle récupère le ciré jaune et qu’il s’agit d’une forme d’origin story de Six.

Malheureusement, Little Nightmares II (2021) met à mal cette théorie. Après le chapitre 2, Mono trouve un ciré jaune dans une décharge. Il le remet à l’enfant qu’il a sauvé au début du jeu et nous nous rendons compte qu’il s’agissait de Six. A priori, Very Little Nightmares et Little Nightmares II se contredisent. Doit-on le reprocher à un univers cross-media mal maîtrisé ou la chronologie est-elle simplement plus compliquée qu’on ne le croit ? Après tout, Little Nightmares II a démontré que la temporalité a une valeur très particulière dans cet univers. On peut aussi imaginer que, à la fin de Very Little Nightmares, Six ne ramasse pas véritablement le ciré jaune, qui est emporté par l’eau et finit par échouer à Pale City ; tandis que la fillette sera plus tard capturée par le Chasseur. Notons qu’il existe un comics numérique (et gratuit) narrant quelques aventures survenant avant l’histoire de Little Nightmares II.

Au cas où l’on douterait encore que Little Nightmares II est un préquel, la fin secrète du jeu laisse entrevoir une affiche de l’Antre. On peut imaginer qu’il s’agit de la destination suivante de Six, qui se fait capturer par le Passeur, l’un des personnages présentés dans le comics officiel, paru en 2017 (et disponible en français). C’est par la suite que surviennent les événements relatés dans Little Nightmares (2017). Les trois extensions, mettant en scène le personnage du Fugueur, se situent, quant à elle, à peu près en même temps que l’histoire narrée par le premier jeu.

Notons qu’une théorie de SuperHorrorBro confirme la chronologie que je viens de dresser. Il faut attentivement observer les dessins sur les murs de la cellule de Six, au début de Little Nightmares II, de droite à gauche. Ils pourraient retracer la chronologie de la saga, laissant un vide à l’endroit où se situe l’aventure de Mono. Un vide où l’on peut justement placer le petit garçon. Cette frise nous incite à nous demander à quel point Six a conscience de ce qu’il va se passer.

Capture de la vidéo de SuperHorrorBro.
Introduction, genre et chronologieLieux, iconographie et référencesGalerie des ennemisProtagonistes, bilan et sources