Peut-être êtes-vous tombé(e)s sous le charme des aventures d’Ichiban Kasuga, en 2020, dans un jeu Yakuza qui parodiait avec respect les RPG comme Dragon Quest. Peu après la sortie de Like a Dragon Gaiden : The Man who erased his Name, mettant en vedette Kazuma Kiryu, le protagoniste des premiers jeux ; Like a Dragon : Infinite Wealth sort notamment sur PlayStation 5, le 26 janvier 2024. Il s’agit du neuvième titre principal de la légendaire saga de Sega. (Vous l’avez ?) En voici un test dénué de spoilers !
Une nouvelle aventure, entre nouveauté et nostalgie
L’histoire d’Infinite Wealth débute à Isezaki Ijincho, où Ichiban essaie de trouver du travail aux anciens yakuzas repentis. Sans surprise, il est toujours ami avec Nanba, Adachi, Zhao et Joon-gi Han. Sa relation avec Saeko évolue tandis que Seonhee devient un personnage jouable. Après quelques péripéties, Ichiban a pour mission de se rendre à Hawaï, dans le but de retrouver quelqu’un qui lui est proche. Au sein de cet environnement dépaysant, il fera d’autres rencontres, à commencer par Kiryu, mais aussi le chauffeur de taxi crapuleux Tomizawa ou encore l’énigmatique et dangereuse Chitose. Sans surprise, les personnages, qu’ils soient connus ou inédits, s’avèrent tous attachants et fort utiles, en combat. Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue principale, mais force est de constater qu’elle m’aura moins marquée et émue que celle du précédent volet. Les quêtes secondaires elles-mêmes m’ont semblé moins loufoques, en dehors de quelques unes. Pour sa défense, le jeu ne produit pas le même effet de surprise que son prédécesseur, et c’est tout naturel. Mais ce n’est pas tout. Bien qu’il réserve plus d’un passage fantasque ou drôle, Infinite Wealth rend tout autant hommage à la série Yakuza elle-même qu’à Dragon Quest. Il est donc moins axé vers la parodie. Même si j’ai adoré Kiryu, ainsi que les passages qui lui sont consacrés, je ne possédais pas tous les bagages pour savourer entièrement le jeu. En effet, celui-ci fourmille de références aux anciens titres de la saga. Je ne doute pas que les fans de la première heure seront ému(e)s par les mémoires du dragon ou le déverrouillage de certaines invocations.
D’un dragon à un autre
De mon côté, j’étais satisfaite de retrouver Ichiban, fidèle à lui-même. En digne héritier des héros de Shonen, Kasuga est un épicurien, parfois un peu idiot, mais qui accorde une seconde chance à tous ses adversaires, tout en incitant ses amis à donner le meilleur d’eux-mêmes. Le protagoniste de Like a Dragon évolue, dans la mesure où il ne s’agit plus du simple récit initiatique d’un yakuza fraîchement sorti de prison, devant tout redécouvrir du monde. Malgré son âge, Ichiban cherche à devenir pleinement un homme, en en apprenant davantage sur son passé, en commençant à s’intéresser à la gent féminine, mais aussi en s’offrant des vacances atypiques à Hawaï. Je ne m’y attendais pas, mais Kiryu est plus un deuxième héros, qu’un simple compagnon de route. Son caractère et son évolution contrastent fort bien avec ceux d’Ichiban. Kiryu est un homme à la fois réfléchi et ténébreux. Alors que Kasuga a encore beaucoup à apprendre, la majeure partie de la vie de Kiryu est derrière lui. En ce sens, le jeu est un véritable passage de flambeau d’un héros de la franchise à un autre, tout en préservant un très bon équilibre, entre les deux personnages. Dans l’ensemble, l’histoire est bien écrite. Infinite Wealth n’est par exemple pas manichéen dans la mesure où la technologie et les réseaux sociaux (un des thèmes majeurs) sont montrés sous un bon comme un mauvais jour. Ichiban découvre à quel point internet peut détruire des réputations, mais s’avère aussi être le moyen de créer des liens. D’autres thèmes sont abordés, puisque le jeu introduit une secte. Cela peut sembler cliché mais c’est aussi le moyen logique d’intégrer des adversaires mythologiques et marins dignes de Hawaï, à l’instar d’un requin géant.
Des combats et panoramas dépaysants
Côté gameplay, ce nouvel opus de Like a Dragon propose toujours des combats au tour par tour. Si certain(e)s s’en plaignent, je dois dire que je trouve cette mécanique bien faite et même addictive. Les confrontations au tour par tour sont si dynamiques que j’ai du mal à comprendre comment on peut s’en s’ennuyer. Le jeu fourmille d’attaques et de compétences différentes, si bien qu’on peut imaginer toutes sortes de stratégies. En digne héritier des Shonen, Infinite Wealth fait la part belle au fameux pouvoir de l’amitié, dans une harmonie ludo-narrative excellente. En effet, plus vous vous rapprochez de vos compagnons de route, plus ils sont complices lors des affrontements, au point de débloquer des attaques communes. Comme si cela ne suffisait pas, le style de combat de Kiryu rend particulièrement hommage à l’action propre aux premiers Yakuza. Le jeu est en outre très beau. Les cinématiques, en particulier, sont magnifiques. J’ai été amusée par certains détails, comme le fait que le bas du pantalon de Kasuga se tâche de sable, lorsqu’il marche sur la plage. Malheureusement, certaines textures, à commencer par celle de l’eau, sont un naufrage.
Sa Majesté des parodies
Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est la manière dont le jeu assume de se dérouler (en majeure partie) à Hawaï. Les membres de l’équipe ne débloqueront plus de nouveaux jobs en changeant de métier, mais bel et bien en faisant des activités de vacances, sur le sol étranger. Cela amène des jobs inédits assez loufoques, mais aussi d’autres qui taquinent à la fois les asiatiques et les américains. Infinite Wealth tire son épingle du jeu au niveau du contenu annexe, qui rend les villes particulièrement plaisantes à parcourir. Les mini-jeux sont si nombreux et ingénieux que vous trouverez forcément votre bonheur. Les quêtes secondaires les plus vastes et ambitieuses incarnent des parodies parfaites de Pokémon et d’Animal Crossing. Le concept de Sujimon a pris beaucoup d’ampleur. Il ne suffit plus de les affronter et de les collectionner. On peut notamment les attraper, fonder sa propre équipe et mener des combats d’arène, afin de devenir champion. Il est aussi gênant qu’hilarant de se mettre à papouiller l’un de ses Sujimon, dans le but de gagner son affection. Une pensée pour le mini-jeu consistant à prendre des photos de personnages louches, lors des trajets en tramway. Celui-ci m’a beaucoup fait penser à New Pokémon Snap. Cependant, la quête annexe la plus addictive est sans nulle doute celle de Dondoko Island. Kasuga a pour mission de nettoyer une île, puis de débloquer ses différentes zones, avant de faire venir des invité(e)s. Pour engendrer plus d’argent, il convient de meubler l’île avec des décorations et bâtiments que l’on peut acheter ou construire. Le jeu n’a presque rien à envier à Animal Crossing, ce qui démontre toute l’ambition et la générosité d’Infinite Wealth. Vous passerez probablement des heures sur ce jeu de gestion, d’autant plus qu’il permet de remporter beaucoup d’argent. Cela soit dit en passant, je me demande si la tortue qui se trouve à Dondoko Island n’est pas une allusion à celle de Tortue Géniale, dans Dragon Ball. Ainsi, même si la suite de Like a Dragon semble plus sérieuse et profonde, grâce à l’arrivée de Kiryu, elle ne renonce pas à sa part de parodie et d’émerveillement. Le jeu, aussi long soit-il, est un véritable plaisir à parcourir.
Épilogue
J’ai trouvé cette suite moins difficile que Like a Dragon. En dehors des statistiques de personnalité de Kasuga, ou du niveau 70 à atteindre, le Platine se fait tout seul, pour peu qu’on se plaise à parcourir le jeu en détails. Je regrette que les boss secrets ne soient pas plus coriaces, car faire gagner de l’expérience à Ichiban s’avère assez longuet, pour les derniers niveaux. Mais c’est peut-être aussi une invitation à lancer une nouvelle partie +, proposant des défis plus corsés et un donjon supplémentaire.
Somme toute, j’ai pris énormément de plaisir à parcourir Like a Dragon : Infinite Wealth. Le jeu reste dans la continuité de son prédécesseur, tout en renouant avec les premiers titres de la saga. Le duo Kasuga/Kiryu est juste parfait, dans ce qu’il raconte au niveau de l’histoire, mais aussi dans ce qu’il apporte en terme de gameplay. A mes yeux, le jeu brille particulièrement grâce à son contenu annexe d’une générosité et d’une richesse démentes. Infinite Wealth est, à certains égards, addictif. Je ne doute pas que les vacances passées sur Dondoko Island, hum, je veux dire à Hawaï, me manqueront.















Le tour par tour est en effet plutôt maîtrisé, et quand on a déjà parcouru toute la série, c’est agréable de voir ce nouveau gameplay gagner en épaisseur tandis que les combats type « beat’em all » avaient du mal à évoluer au fil des épisodes. En dehors du NG+ et le donjon secret cachés derrière un DLC (donjon quasi indispensable pour atteindre le niveau maximum sans perdre trop de temps, je pense), j’ai adoré le jeu. Son histoire est moins prenante que le jeu de 2020, mais toute la passation de pouvoir avec Kiryu, la prise de recul du personnage, les souvenirs ravivés et l’évolution des différents persos étaient super émouvants.
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Je t’avoue que je me suis arrêtée au platine. Le new game + et le donjon inédit ne me tentent pas, surtout s’il est aussi compliqué que le donjon ultime du premier jeu, ahah. J’attendais de finir le jeu et d’écrire mon test avant de lire le tiens. Du coup, je viens d’aller le lire. Je me doutais que tu avais dû jouer à la plupart des jeux de la saga et ton test est très éclairant. J’ai vraiment adoré Infinite Wealth et Kiryu, mais forcément, j’ai dû passer à côté d’énormément de choses. Par contre, j’ai été beaucoup plus séduite que toi par le côté « parc d’attraction » et « mini-jeux », et pourtant, j’avais récemment connu une période où je n’en pouvais plus des open-worlds et de leur contenu à foison. Tu as raison, c’est vraiment un excellent jeu. Et j’ai adoré ses personnages, y compris féminins, même si tu as raison aussi pour l’inégalité flagrante des jobs. Perso, ce qui m’a le plus dérouté, c’est les cinématiques en prise de vue réelle, quand on débloque certains rendez-vous réussis de l’application de rencontre. Difficile de savoir si on est dans la satire ou si on vire dans le voyeurisme. En tout cas, merci pour ta lecture et ton commentaire !
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Les cinématiques en prise de vue réelle, c’est un résidu pas glop des années Toshihiro Nagoshi. Son départ de la franchise a, je pense, fait du bien pour renouveler la licence, mais ça aurait été bien aussi de se séparer de ce genre de choses. Autant le mini-jeu d’application de rencontres est rigolo quand on se limite aux textes, autant après ça devient un peu craignos. Je pense pas qu’on soit dans la satire, c’est vraiment le petit élément voyeuriste que la licence a parfois proposé par le passé. Comme les photoshoots dans Yakuza Kiwami 2, le « live chat » de Yakuza 6…
Pour le côté parc d’attraction, je pense que Infinite Wealth a le mérite, au contraire de beaucoup d’open world, de proposer un contenu qui s’intègre bien dans son monde. Les mini-jeux les plus importants sont introduits via des quêtes secondaires de manière assez organique, contrairement à certains jeux où c’est des points d’intérêt sur une carte à côté desquels on peut passer sans s’en rendre compte. Ca rend le truc plus digeste, même si à la fin j’étais content de ne pas avoir à parcourir encore un mini-jeu de plus et que ça m’a un peu découragé de passer du temps sur Dondoko Island.
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Je vois, merci de confirmer mon ressenti ! Et je suis d’accord pour le côté organique.
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